La couse au poids fait rage.
Pour Incidences, ce Vendée Globe 2008/09 est un des évènements majeurs de ces dernières années. Depuis trois ans, nous travaillons en étroite collaboration avec les différentes équipes et, pour un certain nombre de projets, nous avons été associés dès le début des réflexions. Ce qui nous a le plus marqué sur cette édition est le « côté aventure » qui disparaît pour laisser place à une « super régate planétaire ». Cela s’est traduit par une recherche accrue d’un gain en performance des bateaux sans perdre de vue la fiabilité qui est fondamentale sur une telle épreuve – 24 000 milles en solitaire par le grand sud !
Pour une meilleure stabilité de forme, nous avons utilisé des fibres à plus hauts modules : le vectran est moins utilisé au profit du Kevlar et du Carbone. La course au poids fait rage, les zones protégées par des taffetas se réduisent et les constructions de toutes les voiles sont passées au peigne fin pour alléger à la limite du raisonnable. Pour les Grand- Voiles : quasi généralisation des voiles à têtes larges (2.5 à 3 m de « corne ») qui apportent un réel « plus » en performance au portant et au près dans le petit temps et le médium. La généralisation des « hooks » et en particulier le fait de pouvoir affaler le génois a permis le développement de « reachers ». Ces voiles offrent de meilleures performances au « reaching » et au portant dans la brise du sud tout en permettant de préserver la forme du génois qui sera bien utile pour remonter l’Atlantique après le Cap-Horn. Au portant, nos solitaires disposent de solutions assez variées suivant les bateaux, spis bien sûr (2 ou 3 par bateau) mais aussi gennaker (1 ou 2) code 0, reacher, etc.
Nous avons beaucoup travaillé avec les équipes pour que chaque coureur dispose d’une gamme de voiles de portant correspondant parfaitement à sa manière de naviguer et à son expérience. Une bonne partie de la flotte dispose aujourd’hui de logiciel permettant d’optimiser le choix des voiles (Sailchart par exemple) et de réduire le nombre des manœuvres. Cet « outil » nous a permis de bien améliorer les échanges entre le dessinateur des voiles et le skipper. Partenaires de Christophe Auguin en 96, de Michel Desjoyeaux en 2000 et de Vincent Riou en 2004, nous espérons bien voir notre sigle couper une nouvelle fois la ligne en tête.